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Recettes

Cuisine solidaire : les secrets de Sonia Ezgulian dévoilés dans un lieu qui change tout

Un atelier où l’on cuisine, où l’on compose une image et où l’on partage le repas peut sembler simple. Pourtant, cette façon de faire transforme le geste culinaire en moment de rencontre. À Agde, une autrice connue pour sa créativité et son approche anti-gaspillage a choisi un lieu dont les valeurs donnent une autre portée à chaque assiette.

Le programme promet un voyage gourmand, familial et méditerranéen. Mais l’essentiel ne réside pas seulement dans ce qui mijote dans la casserole : il se trouve aussi dans la manière de regarder les produits, les souvenirs et les personnes réunies autour de la table.

Pourquoi la cuisine solidaire dépasse largement la préparation d’un repas

La cuisine du quotidien est souvent pensée comme une succession d’obligations : acheter, préparer, servir, ranger. Cette routine peut faire oublier qu’un légume imparfait, un reste de pain ou une poignée d’herbes fraîches possèdent encore un vrai potentiel.

La cuisine anti-gaspi propose justement de changer ce regard. Elle ne consiste pas uniquement à éviter de jeter. Elle invite à valoriser les épluchures comestibles, les fanes, les restes de céréales, les morceaux moins connus et les produits de saison.

Cette approche prend un sens particulier dans un café solidaire. Le repas y devient un terrain d’échange, de transmission et de convivialité. On ne cuisine pas seulement pour produire un plat fini : on apprend à observer, à raconter et à partager.

À Agde, le Nouveau Café solidaire s’inscrit dans cette logique. Sa fondatrice, Lina Tornar, partage avec Sonia Ezgulian des valeurs d’échange et de solidarité. C’est ce socle commun qui a donné naissance à des ateliers mêlant cuisine, création artistique et dégustation collective.

Le choix des ingrédients compte aussi. Sonia Ezgulian prévoit de commencer par le marché d’Agde, situé sur la Promenade, afin de sélectionner ses produits auprès de producteurs locaux reconnus pour leur qualité. Reste à comprendre ce qui rend sa méthode si personnelle.

Sonia Ezgulian, une cuisine anti-gaspi nourrie par la mémoire arménienne

Le secret de Sonia Ezgulian est de relier la cuisine à l’histoire familiale. Autrice de nombreux livres de recettes, elle est souvent présentée comme l’une des figures de la cuisine anti-gaspillage. Son dernier ouvrage, My Little Arménie, illustre cette démarche avec une dimension intime.

Le livre est un hommage à sa grand-mère. Sonia Ezgulian est la petite-fille d’une maraîchère arménienne, habituée à accommoder les restes avec intelligence. Ce savoir-faire populaire repose sur une idée essentielle : rien ne doit être considéré comme sans valeur avant d’avoir été regardé, goûté et imaginé autrement.

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My Little Arménie s’apparente ainsi aux cahiers de recettes autrefois transmis au sein des familles. L’autrice y imagine ses ancêtres rassemblés autour de la table. Cette image donne une profondeur particulière aux recettes : elles ne sont pas figées, elles portent une mémoire et se prolongent dans les gestes d’aujourd’hui.

Son parcours explique cette aisance à transmettre. Sonia Ezgulian a d’abord créé une rubrique gastronomique pour Paris-Match, avant l’essor de la grande tendance culinaire actuelle. Cette expérience lui a permis de rencontrer de grands chefs, puis de développer son propre projet.

Elle a ensuite ouvert un restaurant à Lyon, qu’elle a dirigé pendant sept ans. Après cette période, elle a choisi de partager son savoir-faire par les livres, les émissions de télévision et les ateliers. Son intervention à Agde poursuit cette même ambition : faire circuler la cuisine plutôt que la réserver aux spécialistes.

Le fil rouge des ateliers sera un classique aux multiples visages : les dolmas. Leur préparation permet de comprendre comment un plat apparemment modeste peut raconter tout un territoire.

Les dolmas, des légumes farcis au cœur d’un voyage méditerranéen et caucasien

Les dolmas sont des légumes farcis, très présents dans les cuisines méditerranéennes et du Caucase. Le mot évoque souvent des feuilles de vigne garnies, mais il peut aussi désigner des légumes creusés puis remplis. Aubergines, courgettes, poivrons, tomates ou oignons peuvent devenir des contenants savoureux.

Dans l’univers culinaire arménien, les dolmas traduisent une cuisine de patience et d’équilibre. Une farce peut associer riz, herbes aromatiques, oignon, légumes, viande selon les traditions, ou légumineuses. Le résultat dépend autant de l’assaisonnement que de la cuisson douce.

Ce plat convient naturellement à une démarche anti-gaspi. Des restes de riz, de boulgour ou de légumes peuvent enrichir une farce. Les herbes un peu flétries retrouvent de l’éclat après avoir été finement ciselées. Même les petits légumes, parfois délaissés sur un étal, se prêtent très bien à cette cuisine.

La farce doit toutefois rester cohérente. Elle ne consiste pas à mélanger au hasard tout ce qui reste dans le réfrigérateur. Il faut rechercher un contraste entre le fondant du légume, le moelleux des céréales, la fraîcheur des herbes et l’acidité d’un élément comme le citron ou la tomate.

Les ateliers des jeudi 15 et vendredi 16 octobre au Nouveau Café solidaire d’Agde suivront une progression qui dépasse la seule recette. Le plat sera cuisiné, puis transformé en image poétique, avant d’être dégusté ensemble. Voici comment cette démarche peut prendre forme en cuisine.

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Comment se déroule l’atelier culinaire et artistique au Nouveau Café solidaire

La méthode proposée par Sonia Ezgulian repose sur trois temps : choisir les produits, préparer un plat, puis créer et partager. Chaque étape a son importance. Elle donne au repas une dimension collective et sensible.

  1. Choisissez les produits au marché. L’atelier commence au marché d’Agde, sur la Promenade. Privilégiez les fruits et légumes de producteurs locaux, en tenant compte de leur fraîcheur, de leur maturité et de leur forme. Un poivron tordu ou une courgette très petite peut parfaitement trouver sa place dans une recette.
  2. Observez avant de découper. Regardez les couleurs, les textures et les parfums. Cette attention nourrit autant la cuisine que le futur travail artistique. Une feuille de vigne nervurée, une peau d’oignon ou une tomate très rouge peuvent devenir des sources d’inspiration visuelle.
  3. Préparez une farce équilibrée. Utilisez des légumes hachés, une base de céréales comme le riz ou le boulgour, des herbes et des aromates. Si des restes sont disponibles, incorporez-les seulement s’ils sont encore sains et adaptés à la préparation.
  4. Farcissez les légumes ou les feuilles. Garnissez sans tasser excessivement. Le riz et les autres céréales gonflent pendant la cuisson. Les légumes doivent conserver leur forme, tandis que les feuilles de vigne doivent être roulées avec délicatesse.
  5. Faites cuire doucement. Une cuisson lente permet aux saveurs de se mêler. Les dolmas doivent devenir tendres sans se défaire. Le parfum des herbes et des légumes doit rester identifiable, plutôt que disparaître sous un assaisonnement trop puissant.
  6. Créez une image poétique. L’atelier ne s’arrête pas à la cuisson. Les participants sont invités à construire une image inspirée du plat. Cela peut passer par l’agencement des ingrédients, les couleurs, les formes ou les souvenirs que ces aliments réveillent.
  7. Dégustez autour de la table. Le repas partagé clôt le processus. Chacun peut alors raconter un geste, un ingrédient ou une idée née pendant l’atelier. C’est là que le café solidaire prend tout son sens.

Cette approche rappelle que la présentation n’est pas un décor inutile. Elle aide à regarder les aliments avec davantage d’attention. Mais quelques repères permettent d’aller encore plus loin sans perdre l’esprit du plat.

Herbes, restes et souvenirs : les bonnes pistes pour personnaliser les dolmas

Les dolmas changent selon les régions, les saisons et les familles. Cette diversité est une force. Elle autorise l’adaptation sans renoncer à l’idée fondatrice : envelopper ou farcir des produits simples pour en faire un repas généreux.

  • Pour une version végétale, associez riz, lentilles, oignons, herbes fraîches et pulpe de tomate. Les légumineuses apportent de la tenue à la farce.
  • Pour utiliser des restes, réemployez du riz cuit, du boulgour, des légumes rôtis ou des herbes déjà entamées. Ajustez l’humidité afin que la farce ne devienne pas molle.
  • Pour une note méditerranéenne, privilégiez tomate, citron, persil, menthe, huile d’olive et légumes du marché. Ces saveurs soutiennent la fraîcheur des farces.
  • Pour rester proche de l’esprit familial, notez vos associations réussies. Un cahier de recettes personnel peut devenir, lui aussi, un objet de transmission.
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La dimension artistique peut prolonger ce travail. Photographier les ingrédients, dessiner une feuille de vigne ou écrire quelques mots sur un souvenir de repas donne au plat une autre existence. Cette pratique rejoint l’univers de My Little Arménie, conçu comme une table imaginaire où les générations se rencontrent.

Il faut cependant éviter une confusion fréquente : cuisiner les restes ne signifie pas négliger la qualité ou la sécurité des aliments.

Les erreurs à éviter quand on cuisine dans un esprit anti-gaspillage

Ne conservez pas un aliment douteux sous prétexte de ne rien jeter. Un reste doit avoir été correctement stocké et rester agréable à l’odeur comme à l’aspect. La cuisine anti-gaspi repose sur le respect du produit, pas sur une prise de risque.

Évitez aussi de trop remplir les légumes ou les feuilles. Une farce compacte cuit mal et peut faire éclater les dolmas. Laissez un peu d’espace, surtout lorsqu’elle contient du riz ou une autre céréale qui absorbe le liquide.

Enfin, ne surchargez pas les saveurs. Les dolmas gagnent en finesse quand les herbes, les légumes et les aromates restent reconnaissables. Un assaisonnement mesuré permet de mieux apprécier les produits locaux choisis au marché d’Agde.

La rencontre avec Sonia Ezgulian se prolongera par une séance de dédicace de My Little Arménie, le 17 octobre à 11 heures, à la librairie La Promenade au phare. Pour toute information liée à ce rendez-vous, la correspondante de Midi Libre était joignable au 06 71 73 27 30.

Entre le marché, les dolmas et la table commune, l’idée reste accessible : cuisiner avec attention peut transformer les restes en ressources et un repas en véritable moment de lien.

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Clémentine B.

Clémentine B.

Passionnée de saveurs et d'histoires culinaires, Clémentine B. explore pour vous les trésors de la cuisine française et internationale, avec un goût prononcé pour les recettes traditionnelles revisitées.

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